Nous nous sommes déplacés entre Hambourg et Copenhague à vitesse lente. 500 petits kilomètres. La ligne droite n'étant jamais le meilleur chemin en vélo, nous avons fait l'école buissonnière. Notre idée était de regarder, humer, admirer et aussi celle de retrouver nos marques.
Les premiers jours le corps se cherche; raideur, mal aux genou, aux cervicales, au postérieur, manque de souplesse…
Vivre sous la tente impose une gymnastique. Vivre dehors H24, avoir le visage soumis au vent (celui de l'Ostsee est terrible), au soleil, à la pluie, avoir les lèvres qui se fendent nécessite une acceptation physique.
Passer du confort de la maison (même si on fait beaucoup d'activités outdoor) à celle du nomadisme n'est plus à l'instant T un désir, un rêve mais une réalité avec son lot d'efforts.
Bien sûr notre matériel est optimisé, mais il faut trouver des automatismes. Chaque chose doit trouver sa place dans nos 4 sacoches, ainsi que dans la tente pour être utilisé avec facilité.
Cela est important car on sait que la traversée de la Norvège sera difficile, le chemin du retour long.
Bien dormir avec ces journées qui déjà n'en finissent déjà plus, bien manger avec une nourriture adaptée à l'effort, avoir une hygiène drastique sont des conditions primordiales car si la fatigue s'installe, si la faim taraude, si on laisse une tique nous vampiriser... la mauvaise humeur peut faire son nid, le moral faiblir et laisser place au doute.
Métier, métier, on gère.
Dans les contrariétés: un téléphone qui ne veut plus capter la 4G ( obsolescence programmée... ) Malgré toutes les manips que j'ai faites, plus celles d'un vendeur , j'ai dû sortir mon anglais du dimanche pour en acheter un.
Autre petit désagrément : la valve de notre sac à gonfler nos matelas s'est déchirée. Heureusement avec du scotch d'électricien on fait des merveilles mais à Copenhague, il a fallu trouver le magasin de sport spécialisé et espérer la même embouchure. Mon anglais a souffert mais la chance était avec nous.
Je ne parle pas de ma chaîne de vélo qui saute toute seule sans mauvaise manips et qui se retrouve bloquée côté rayon. Très désagréable!
Mais tout cela est un petit prix face à l'incroyable liberté de temps dont on jouit avec des rencontres formidables, la découverte d'autres modes de vie, la magie d'entendre la langue d'un nouveau pays, le plaisir de ne parler qu'anglais sans complexe et puis surtout entre quelques musées et expos , tous ces kilomètres à vitesse maîtrisée qui nous offrent des paysages et des moments de rêves.