Les deux B

 Les romans offrent la clé des songes et la carte des lieux mieux que le guide Michelin. (Sylvain Tesson)

Le chemin entre la mer de Barents et la mer Baltique n'aura au final pas beaucoup suivi notre découpage initial... On avait dessiné un tracé  simple, avec des distances raisonnables, des campings et des points de ravitaillement. Mais les dénivelés répétés nous ont fait mal. Lire, travailler une carte sur table est une chose mais la réalité du terrain surprend et il nous faudra souvent s'adapter. 

On pensait cependant  après avoir quitté la Norvège que le chemin se déroulerait avec plus de facilité. Rien de tout cela. Une fois de plus il faudra croiser toutes les informations possibles pour être certain de ne pas se faire dévorer par les moustiques pendant un camp sauvage improvisé et  manger à notre faim.


Jusqu'à notre arrivée à Luleå, tout aura été tendu. L'avant veille, il me faudra même par trois fois frapper aux portes de suédois pour dénicher un lieu où  planter la tente: un résultat sympathique au final... mais que d'efforts !!


J'ai mis longtemps à comprendre "la passion" des norvégiens, des finlandais et des suédois pour entretenir au plus ras leurs pelouses. Même leurs gigantesques propriétés (inhabitées ponctuellement en été) aux parcs énormes sont tondues avec méticulosité. La raison en est : les moustiques !! Dès que l'herbe est rase, il y a moins de ces petites bêtes vraiment pénibles surtout au bord des lacs et en forêts.

Bref, notre conclusion avec Claude sera  que sur un temps finalement assez ramassé (2 mois) jamais nous n'avons été autant chahutés dans nos voyages même si à rebours il est facile d'écrire que c'est franchement beau et que cela en vaut la peine. Ding et Dong sont contents mais la Scandinavie ça se mérite !!


On arrive donc à Luleå avec un certain contentement.

Notre idée est de prendre un train pour  rejoindre Stockholm.

Tous les cyclistes croisés nous ont parlé de la dangerosité de la route sur cette partie et de son côté "boring".

Super, une belle idée... dans une de mes premières publications, je me moquais du réseau SNCF et de son inadaptation au mode vélo. La Suède en comparaison est un véritable casse-tête: des compagnies différentes sans lien entre elles, des sites illisibles, des difficultés même à les lire en anglais, des bugs, l'information sur le transport des vélos on oublie...une journée entière pour trouver une solution  alors que nous étions dans un camping au bord de l'eau, avec une plage de sable fin, calme, beau....dont nous n'avons pas profité.

C'est ballot.