Préparer l'itinéraire, bien calés dans nos fauteuils, l'un avec l'ordinateur l'autre avec la carte est un petit jeu de patience avec du rêve plein la tête.
La distance journalière est à calculer ainsi que le dénivelé. Il faut repérer aussi les lieux de ravitaillement et les campings pour dormir.
Tout cela semble assez simple. Mais on ne nous dit pas tout !!!!
Nous avions connu un épisode gravel peu après Oslo avec de la pluie et de la boue.
Entre Alta et Kautokeino, nous avons connu une situation semblable.
Heureusement, il ne pleuvait pas !
Nous avons découvert de très près le territoire sami, celui des pâturages des rennes en hiver.
Pour nous mettre en jambes, 300 m de dénivelé en quatre kilomètres.
Autant avouer immédiatement que nous avons plus poussé que pédalé. C'était inhumain.
Les moustiques étaient déchaînés. Ils nous ont dévorés d'autant plus aisément que nous avions les mains trop occupées pour les chasser.
Une tape, et d'un coup unique, 5 de morts.
( nous sommes couverts de produit répulsif...)
Imaginez un peu deux cyclistes avec casques et moustiquaires de tête, ravalant leur langue pour ne pas crier dans le silence sami que c'en est trop.
La beauté et la chance exceptionnelle de traverser ce territoire unique nous ont donné l'énergie de jouer les équilibristes pour avaler les trente kilomètres de gravel.
Quand je dis équilibristes, c'est une image qui colle à la situation. Chargés comme des baudets, nous avons poussé nos roues sur du gravier, dans du sable meuble, entre des pierres, parfois de la terre humide trouvé un semblant de confort au milieu de ce chemin cahotique.
Détail qui a son importance, moi la championne de la chute, j'ai glissé dans une douche ... voilà 10 jours que je souffre en silence... ce jour-là fut une vraie épreuve physique.
Au bout du chemin, un petit camping avec une douche chaude, une cuisine, le luxe des cyclistes: deux belges deux suédois, une hollandaise , nous deux et beaucoup d'histoires à raconter.













