Rentrer dans un tunnel en Norvège peut être un moment intense. Ils ne sont pas toujours envahis par les véhicules et l'on peut souvent y être seul. La première impression est d'abord la sensation d'un froid pénétrant. Puis on découvre ce désagréable aspect de l'asphalte toujours mouillé, suintant. Enfin une lumière étrange comme absorbée par le noir ambiant et le silence...
Alors émerge soudainement dans cette solitude, la pulsion de chanter. D'abord un thème surgit de je ne sais où dans ma tête: la chevauchée des Walkyries. Puis, l'envie de tenir un long son, un son filé. Celui-ci ne fait pas écho mais roule dans le tunnel et perdure. C'est infini et très envoûtant comme un murmure qui tourne dans une abbaye cistercienne.
A l'inverse, le bruit du voiture qui rentre dans un tunnel est angoissant car le son arrive aux oreilles bien avant le véhicule. Le son te dépasse (sensation très étrange) et le véhicule qui approche produit un bruit terrifiant qui roule et trouble la perception de la distance. Le pire étant deux voitures en sens inverse. Il devient impossible de situer les distances des véhicules et l'amplification est maximum.
Alors il faut rester concentré, garder sa ligne droite sans dévier, car la lumière ténue est perturbante. Le dépassement du véhicule est comme une déflagration. Très désagréable...
Il faut dire qu'en Norvège, les tunnels sont longs. Deux, trois kilomètres voir plus et il y en a beaucoup. Et bien sûr ils ne sont ni droits ni plats.
Une répétition renouvellée...
