Bike and See !!





Après le temps d'adaptation, le temps de la  mise en route, voici celui du lâcher prise. Là où on oublie les réflexes de la  maison, ses réflexes de citadin pour accepter le temps que l'on a choisi. Le temps de la lenteur, le temps de la contemplation, le temps de l'effort, de la lecture, le temps du partage et aussi ... le mauvais temps. Si si !!
Depuis que l'on a quitté Oslo, 8 jours de pluie sur 10. Les norvégiens ont beau nous expliquer qu'il  y a chez eux 4 saisons en une journée, on n'en voit souvent que deux: pluie (automne), froid (hiver). 
Froid ?! Quand il fait beau: 15°, quand il fait gris: 10°, quand il pleut: 5° et quand on monte en altitude 1°.
Mais on s'en fiche, on s'adapte car c'est franchement beau, sauvage, superbe, on est   venus pour ça.Notre tempo n'a même pas pris une ride. Juste un day off. 
Nous sommes à Geiranger fjord 

dans une petite cabane douillette et demain (aujourd'hui ) un ferry nous emmènera sur Trondheim (19 h de bateau).Du repos !!
Que d'aventures, de sensations, de  rencontres sympathiques: Ce jeune couple de français en vélo randonnée par exemple, alors que nous étions abrités de la pluie dans un garage pour manger.  Le temps d'un partage autour d'un café. Des vendéens.



Cette nuit passée dans un hôtel 4 étoiles mais... dans la salle de conférence car il était complet. 

 Hospitalité norvégienne,  il nous ont aidés, accueillis avec les moyens du bord. Claude m'invitera pour un buffet pantagruélique et on avait très très faim.

Il était 19 h,  1° au dehors, mouillés, on n'en pouvait plus. Il faut dire que 1000m d'élévation chez eux, c'est près de 3000 chez nous dans les Alpes du sud à la sortie de l'hiver et la journée ne finit presque jamais. Le temps n'a plus de temps.
La neige est elle aussi au rendez-vous, on l'a d'abord aperçue, suivie puis rattrapée enfin et  admirée. Elle nous a transpercés, fait grelotter mais c'est tellement beau là haut !







 
Ah oui aussi,  ce vélociste à Lalm qui a vérifié le vélo de Claude, on s'est quittés avec l'accolade. Un pur, un authentique cycliste qui avait sillonné la France.


Et puis ce feu de bois au p'tit D le matin pour éviter une pluie glaciale.

Enfin la rencontre avec la nature, les lacs à perte de vue, les forêts d'une densité à faire frissonner les plus téméraires, cette église à Lom datant de 1150. Toute en bois, on a dormi juste en face : féerique.







Puis, le chant des oiseaux, l'odeur si particulière de la pluie, son parfum lié à l'herbe coupée...
Enfin cette descente incroyable sur Geiranger, 1100m négatif en une fois, un moment de ouf, commencé avec un brouillard à couper au couteau...







puis le ciel qui se déchire, des cascades partout avec un fracas assourdissant, le fjord noir comme de l'encre en toile de fond.Claude qui s'en faisait une montagne (!!!)  a vraiment assuré. Franchement chapeau. Quel contraste, on venait de quitter le dernier lac recouvert de neige et de glace.
Voyage singulier, on s'accroche, on souffre aussi parfois mais sans rien perdre de notre regard d'enfant.
Le mois de mai en Norvège a été exceptionnel, le mois de juin est plus difficile. Le plus amusant étant d'entendre les touristes se plaindre....
Espérons cependant que notre route qui nous poussera plus au Nord et au niveau de la mer nous offrira une météo plus profitable.
Bike and See !!