Lofoten,
Quatre jours pour traverser les îles Lofoten, Quatre jours d'une beauté infinie avec une météo très contrastée.
Faire du cyclonomade en Norvège n'est objectivement pas simple. Si c'est un pays ouvert au tourisme, c'est pour beaucoup celui des camping-caristes. Ils sont légions et de toutes nationalités. Nous suivons la vélo-route n°1 mais elle croise et suit souvent les routes principales. Les lieux de repos sont pensés pour le déplacement en voiture. En vélo il faut gérer les distances. Ce n'est pas simple, lorsque la pluie nous accompagne. Rouler, manger, être dehors toute la journée ne nous effraie pas mais gérer le "garder au sec" est vraiment une priorité pour pouvoir continuer notre voyage.
Quand j'écris pluie, c'est du plus fin crachin au fort grain marin très dense et cela avec une mouvance permanente. Elle est aussi entrecoupée de rayons de soleil. (Il ne faut pas regarder les photos ensoleillées des livres.)
On évite donc de se fier à la météo sur site car rien n'est prévisible dans l'instant mais sur quatre nuits nous en ferons tout de même trois sous la tente et une dans une cabane.
Ainsi on pénètre dans des fjords avec une lenteur infinie car ils sont très, vraiment très profonds et nous nous enivrons de leurs beautés imprenables puisque on en fait le tour.
Les montagnes érodées par les glaciers tombent dans la mer et nous subjuguent. Le gris des pierres ruisselantes d'eau et le vert dense de la végétation se mélangent à un ciel tourmenté, la lumière permanente se reflète dans une mer d'encre:
Le mélange d'un ciel de Turner qui voudrait se noyer dans le cri de Munch.
Cependant nous sommes souvent tout seuls sur de toutes petites routes, où l'on croise de très jolies maisons, rouges, vert pâle, blanches devant lesquelles sèchent les dernières morues.
Alors on se pose fréquemment la question: comment font les norvégiens pour vivre ici ? Le climat y est rude, intense, contrasté: nuit permanente pendant de longs mois puis lumière constante.
Les maisons n'ont jamais de volets, ils soignent leurs jardins à la perfection, elles sont belles avec un charme discret.
Incroyable.
On gère donc nos distances journalières en croisant les infos avec Komoot, Google maps, cartes, échanges avec d'autres cyclos, site de camping... mais aussi avec notre anglais maladroit teinté de "French accent" qui parfois nous ouvre des portes plus facilement que "Booking" ou Airbnb:
Nous décidons de quitter les îles Lofoten car il n'y a rien. Toujours optimistes dans l'idée de trouver de quoi dormir, on continue jusqu'au ferry qui nous permet de passer de Friskebol à Melbu sur les îles Versterålen.
Confiants, en attendant le bateau on torture les sites... mais rien de rien.
En arrivant au premier hôtel je tente " le dodo dans le meeting room 😭": nothing. Le réceptionniste me balade, je sors déçu, énervé et un tantinet inquiet. Le seul camping à la ronde est à 16 bornes. Il pleut, il est tard (même s'il ne fait jamais nuit), on a faim. Il faut trouver.
Alors je laisse Claude devant l'hôtel et pars à la recherche d'un toit. Même un parada (abri bus) ferait l'affaire (comme souvent en terre de feu).
J'avise avec mon téléphone une résidence de location de vacances et trouve laborieusement le propriétaire. S'engage alors une discussion. Alors,comme le dit souvent mon fils: "Papa il vendrait un frigo à un esquimau"...en bref, pour 500 nok ( soit un prix très peu cher en Norvège, 44 Euros ), on aura accès à un appartement, on pourra même y abriter nos vélos.
Claude préparera un risotto (incroyable Claude) et j'irai chercher une bonne bière!!
Pas belle la vie!!
D''autant que le lendemain, la pluie et la fatigue nous feront jouer les prolongations sans soucis.
Une journée complète de repos. Magnifique.