Après le temps de l'adaptation, le temps du lâcher prise et des pensées vagabondes, voici celui de l'écoulement du temps, juste le temps !!
Nous avons quitté Soleilhas depuis plus deux mois maintenant. Combien de camps depuis, combien d'échanges, combien de kilomètres, combien de jours sans fin ?
Le temps se superpose au temps et sans se perdre il devient infini.
La Finlande est finalement la parfaite expression de cette absence de temps. De longues routes bien droites, légèrement vallonnées avec une succession de lacs, de petits étangs, de forêts, de marais....En vélo, point d'ennui mais le cyclo- randonneur n'atteint jamais son point " vélique". Toujours dans l'effort: le frottement du pneu sur l'asphalte, équilibré par la force des jambes qui pédalent par automatisme. Alors l'esprit s'échappe, se laisse bercer par ce long ruban et le temps qui se dissout.
Dans ces moments j'aime pédaler en écoutant de la musique. Un vrai moment de plaisir. La musique agit comme un baume à l'effort, un anti doute, un euphorisant, un moyen de concentration. Je mets mon mini casque qui me permet d'écouter tout en restant au contact de l' environnement et je choisis ma musique en relation avec l'ambiance du lieu. J'écoute ce matin un râga interprété par le violoniste Subramaniam. J'ai eu le plaisir et la chance de l'accompagner, a long time ago... J'aime me laisser bercer par le son de son violon amplifié.
Le râga indien est pour moi la plus belle expression musicale de cette sensation d'absence de temps. Chaque râga est lié à un sentiment, une saison ou à un moment du jour. Y-a t'il un rapport entre cette musique et notre lieu présent ? Non ! Mais j'apprécie ce sentiment d'absence de temps. La musique se répète à l'infini avec d'infimes variantes comme "les nuages qui passent" de Baudelaire....
Une douce rêverie.
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